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P RIN, acteur forain de la troupe de la veuve Maurice, où il jouait les arlequins en 1698, se retira du théâtre en 1704. Cet acteur excellait, dit-on, à jouer de la trompette marine.
(Memoire- sur les Spectacles ae la Foire, 1, 12.)
P ROCÈS DES COMÉDIENS FRANÇAIS ET DES CO­MÉDIENS FORAINS. Ce fut Alexandre Bertrand qui essuya les premières poursuites de la Comédie-Française. Encou­ragé par les succès qu'obtenaient ses marionnettes, il crut pouvoir ajouter des acteurs véritables à ses acteurs de bois. Les Comédiens français, informés de ce fait, s'adressèrent au lieutenant de police de la Reynie, et celui-ci rendit, le io février 1690, une sentence ordonnant la démolition du théâtre d'Alexandre Bertrand, et qui fut mise à exécution le jour même par le commissaire Gazon. En 1699, Bertrand ayant commis de nouvelles contraventions, d'Ar­genson, alors lieutenant de police, rendit deux sentences, l'une en date du 20 et l'autre du 27 février, portant défense à tout parti­culier de représenter aucune comédie ou farce, et pour y avoir contrevenu condamnant Alexandre Bertrand, Maurice von der Beck et Alard à 1,500 livres de dommages-intérêts envers les Co­médiens du Roi. Les trois directeurs forains appelèrent de ces sentences au Parlement, où l'affaire resta longtemps pendante, Elle y était encore en suspens au moment de la foire Saint-Lau­rent de 1702, époque où les Comédiens français obtinrent encore du lieutenant général de police deux nouvelles sentences contre les forains. Ceux-ci joignirent l'appel de ces deux sentences à celui qu'ils avaient déjà formé contre les deux premières, et le 26 juin 1703 un arrêt du Parlement leur donna tort, en confir­mant les condamnations prononcées par d'Argenson. Déçus dans leur-espoir et ne sachant plus à quel parti s'arrêter, les malheu­reux forains eurent alors l'idée de ne plus représenter que des scènes détachées qui cependant formaient par le dénouement une